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Amiens: le centre de données de santé s’agrandit et recrute

Type d'actualités Actualités Date Le 17 janvier 2018

Le MiPih recrute pour son futur site de stockage de données de santé près du CHU et de l’université.

Les données sur smartphones, PC ou tablettes sont stockées quelque part dans le monde sur des serveurs. Elles vivent. Elles entrent. Elles sortent. Chaque seconde, elles sont modifiées, enrichies, supprimées… Les serveurs qui ne doivent jamais tomber en panne les stockent et les protègent tout en garantissant un accès en temps réel aux utilisateurs. C’est un business. Et Amiens se démarque sur un marché : la santé. «  Une fois notre nouveau site d’Amiens construit, ce dispositif, associé au data center de notre siège à Toulouse, sera le plus grand centre de stockage spécialisé santé du pays  », présente Frédéric Serein, directeur général délégué de MiPih (Midi Picardie informatique hospitalière). Mardi, il a posé la première pierre du site en cours de construction dans la ZAC Intercampus. Voilà où sera transférée une activité coincée dans des locaux trop étroits Vallée des Vignes.

Le MiPih est une structure publique de coopération inter-hospitalière. Il édite des progiciels pour hôpitaux et héberge des données de santé. «  Nous avons plus de 500 adhérents : CHU, CH, maisons de retraite, hôpitaux psychiatriques, du public comme du privé  », liste Frédéric Serein, qui annonce plus de 40 embauches à Amiens, ingénieurs informatique bac + 5 (manipulation de données, big data, développement), portant ainsi le nombre de salariés à plus de 150. Les données gérées par le MiPih exigent des puissances toujours plus fortes. Il en faut donc assez pour tenir les clients actuels et en attirer d’autres. «  La capacité d’un data center se mesure en puissance électrique. Notre nouveau data center est prévu pour évoluer de 400 kW jusqu’à 800 kW. Nous avons dix à quinze ans devant nous  », rassure sur ce point Frédéric Serein.

Proche du CHU Amiens-Picardie et collé à l’Université Picardie Jules-Verne, le MiPih se sent à l’aise. Il n’est pas le seul. «  Voilà le germe du campus santé », lance à ce sujet Mohammed Benlahsen, président de l’Université Picardie Jules-Verne. Ce campus santé sera vraiment formé une fois que les facultés de sciences humaines auront quitté les lieux et emménagé à la Citadelle (normalement en septembre). Les facs de médecine, pharma et paramédical seront alors réunies ici. «  Nous devons attirer des activités permettant de garder en Picardie des emplois à haut niveau de qualification. Nous avons les filières de formation pour ces entreprises de pointe qui nous permettent de maintenir notre compétitivité  », ajoute Mohammed Benlahsen, qui espère d’autres implantations du genre pour attirer des étudiants. Sauf qu’une fois diplômés, ils ont une fâcheuse tendance à fuir le coin. «  Les trois quarts du vivier sortent de Picardie. Nous devons donc attirer les talents, les former et les garder grâce à ces activités de pointe  », constate-t-il.« Nous recrutons des ingénieurs informatiques. C’est compliqué. Ce domaine n’a pas de chômage et nous sommes face à deux pôles d’attraction que sont Lille et Paris en salaires, activités et qualité de vie. Nos liens avec l’UPJV sont donc essentiels  », confirme Frédéric Serein. L’alternance est semble-t-il la clef. Dans ce cas, deux étudiants sur trois restent dans l’entreprise.


Courier picardpropos recueillis par DAVID VANDEVOORDE

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