Publié le 03.08.2021

E-santé : l'interview de notre directeur général dans Courrier du Parlement

Actualité

Dans un hors-série du Courrier du Parlement, dédié au numérique en santé, Mostafa Lassik, directeur général, revient sur le rôle et les ambitions du Mipih dans la e-santé. Interview.

Le Mipih, un acteur majeur de l’e-santé en France

Le Mipih est une structure publique de coopération interhospitalière spécialisée dans la construction du système d’information hospitalier (SIH). La pertinence comme la qualité de son offre de logiciels en font aujourd’hui un acteur majeur du numérique en santé.

Nommé en août dernier à la direction du Mipih, acteur public du numérique en santé, quels sont pour vous les principaux enjeux de cette filière ?

Le numérique est aujourd’hui un réel vecteur de la qualité du soin. Véritable levier de performance de la prise en charge du patient, il est devenu un outil incontournable aux mains des professionnels de santé. Le digital nous permet de remettre le patient au cœur du parcours de soins mais également de renforcer l’efficience de notre système de santé.

La crise de la Covid-19 l’a d’ailleurs révélé, impliquant toutes les parties prenantes face à cet enjeu : soignants, politiques, administrations, industriels...

En tant qu’acteur français de l’e-santé, le Mipih se doit d’apporter sa pierre à l’édifice et soutenir cette transformation ainsi que l’évolution des usages. Mais nous devons aussi et surtout garantir une protection à nos adhérents car l’accélération du numérique peut générer des dérives telles que l’illustrent les cyberattaques dont sont victimes les hôpitaux français.

L’intérêt de replacer l’éthique au cœur du débat est donc crucial pour nous prémunir du respect de trois principes fondamentaux qui peuvent être mis à mal : la responsabilité de la décision, la relation professionnel/patient et le secret médical.

Nous devons collectivement être capables d’offrir aux soignants des solutions innovantes pour répondre aux nouveaux usages et garantir aux citoyens : sécurité, confidentialité, éthique, et égalité de traitement.

Il s’agit d’un des enjeux majeurs de la période que nous vivons et le Mipih œuvre chaque jour en ce sens.

Les orientations politiques, à travers Ma Santé 2022, placent l’éthique comme élément central du virage numérique en santé : comment le Mipih appréhende-t-il ce cadre ?

Au Mipih, la réflexion éthique irrigue chaque étape de nos travaux, de l’émergence d’un cas d’usage à sa conception puis sa production.

Je l’ai rappelé lors de ma prise de fonction en tant que principe fondateur de nos valeurs publiques : chacun de nos agents doit s’en imprégner dans l’exercice de son métier.

Cette démarche permet d’interroger toute décision et ainsi garantir la meilleure qualité des soins possible, sans oublier la transparence, la confiance mais aussi une innovation soutenable.

L’objectif ? Dégager une voie conciliant à la fois la protection des données mais également la nécessité de leur partage. L’éthique est l’affaire de tous 

Mostafa Lassik
Directeur général du Mipih

“Le numérique est aujourd’hui un réel vecteur de la qualité du soin.”

 

Qu’entendez-vous plus en détail par “l’éthique est l’affaire de tous” ? Pour vous quel est le rôle de chacun ?

Le développement de nouveaux usages ne pourra se faire qu’à la condition de respecter un cadre éthique où chaque acteur est prêt à jouer son rôle, qu’il s’agisse de l’État, des institutions, des soignants mais également des patients. Pour cela, il faut établir des règles claires en matière d’urbanisation, de sécurité, d’usage des données, etc.

À cet effet, je tiens à saluer le travail réalisé par Dominique Pon et Laura Létourneau qui ont posé le socle de “Ma Santé 2022” qui permettra d’accélérer l’innovation au service de la qualité des soins.

Pour cette même raison, je pense que les industriels doivent cultiver des partenariats responsables afin de tenir un rôle bien particulier au sein de cet écosystème. Le Mipih, quant à lui, participe activement à l’émergence de l’innovation sur le terrain tout en étant garant du respect d’un cadre éthique du fait de son statut d’entreprise publique.

Au vu de l’actualité marquée par la cybercriminalité, on ne peut pas évoquer l’éthique numérique sans parler de la protection des données de santé. Quelle réponse apporte le Mipih à ses adhérents ?

Les attaques contre les établissements de santé se sont effectivement multipliées depuis le début de l’année.

Les enjeux sanitaires, de confidentialité, de sécurité et d’intégrité qui gravitent autour des données de santé leur donnent inévitablement une valeur marchande. Les établissements doivent redoubler de vigilance et considérer la sécurité du SI et la protection des données comme une priorité essentielle, au même titre que la sécurité des soins ou la sécurité incendie.

Le Mipih, par son expertise, accompagne ses adhérents dans cette démarche, non seulement au travers de solutions d’hébergement certifiées, sécurisées et souveraines, mais également au travers de prestations de dépôt de sauvegardes et d’assistance à la protection des données.

Le système de santé français fait également face à un enjeu de souveraineté nationale et européenne.

Tous les acteurs industriels qui opèrent sur notre territoire n’hébergent pas forcément leurs données en France et n’apportent donc pas toutes les garanties du cadre légal de l’Union Européenne.

Le Mipih est un acteur volontariste en ce domaine, notamment au travers de participations actives aux initiatives nationales et européennes. Nous sommes d’ailleurs signataires de la charte “Tous engagés pour la e-santé” ainsi que de celle relative à l’éthique de l’économie de la donnée. Nous sommes également fiers d’être membre du 1er jour au sein de Gaïa-X, le consortium européen, partageant l’ambition de construire un écosystème de données souverain, éthique et performant.

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